Après avoir présenté la genèse du mouvement d’ouverture des données, Simon Chignard revient sur l’état des lieux et l’avenir de l’open government data. Plus qu’à la transparence et à la participation, ce mouvement pourrait bien bénéficier à l’économie de la donnée.

L’open data progresse en France, comme le montre l’évolution de la carte de LiberTIC recensant les ouvertures de données des collectivités. Lors de sa conférence à Cap Com Rennes, Charles Népote de la Fing annonçait même que « 8 des 10 plus grandes villes de France auront un portail open data dans les 18 mois ». L’État est également entré dans le mouvement fin 2011, avec son portail data.gouv.fr.

Territoire contre État
Ce dernier événement est d’ailleurs l’occasion d’un clivage en France d’après Simon Chignard, car pour certains l’open data « a commencé avec Etalab ». Un point de vue que ne partage pas l’auteur de « l’open data, comprendre l’ouverture des données publiques » pour qui c’est « une histoire d’open data des territoires d’abord ». Il y a donc actuellement un débat entre les partisans d’un État central et ceux d’une coordination des territoires.

Ce clivage montre d’ailleurs que le mouvement est encore « une affaire de pionniers ». Pour preuve, le recensement de LiberTIC n’indique pas la quantité et la qualité des données libérées. De la même manière Openly local, qui recense les collectivités qui ont ouvert leurs données au Royaume-Uni, ne précise pas que certains « ont ouvert juste un ou deux jeux de données ». Il faudrait donc « d’autres manières de creuser ça ».

La data : un business avant tout ?
La libération des datas serait un moyen de « générer une économie de la donnée ». Dans ce domaine, Simon Chignard estime qu’actuellement « le côté business est en train de se renforcer », avec comme exemple le 3ème concours organisé par la ville de New-York, qui amène des « outils pour le marché de la donnée ». Pour lui il s’agit de « l’analogie de la ruée vers l’or » où les premiers à s’être enrichies étaient « des marchands de pelles et de pioches ».

Et le citoyen dans tout ça ? Il reste actuellement en grande partie à l’écart, en raison d’un manque de « culture de la donnée ». Par ailleurs, il ne suffit pas de « donner des outils de visualisation » et de « manipuler des données brutes » pour « produire de la connaissance ». Les datas sont en effet soumises à interprétation. Il faudrait donc voir « quelle est la qualité des sources, pourquoi ça a été fait » (exemple : sit or squat en Inde). D’où l’importance de « former à la critique » de la donnée.

« On s’est peut-être trompé de bataille ».

In fine pour Simon Chignard « on s’est peut-être trompé de bataille ». Car le principe de l’open data sera d’abord « une opération de modernisation des conduites des affaires publiques », c’est à dire le volet participatif plutôt que transparence. Le combat pour une démocratie ouverte passerait ainsi plutôt par « l’ouverture du processus » que par celle de la donnée produite. Et pour cela, « l’échelle locale est plus pertinente ».

Pour aller plus loin :
Le blog de Simon Chignard
Le site de l’Open government partnership et un article de The economist sur le sujet
Le site de Gapminder qui recense des données mondiales
Le site de LiberTIC
Le portail open data de la SNCF

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