Deux ateliers étaient consacrés respectivement à l’ouverture des données et à leur traitement, au cours du forum Cap com net. Pendant une matinée, les intervenants ont ainsi abordé la culture de la donnée, qui s’intègre petit à petit en France.

L’Open data est-il en train de contaminer toutes les collectivités territoriales ? La libération des données s’est en tout cas accélérée en France au cours de l’année 2011, d’après Charles Népote de la FING. Lors d’un atelier du forum Cap com net, qui se déroulait les 5 et 6 avril à Rennes, il a ainsi démontré que l’hexagone avait rattrapé son retard sur la quinzaine d’États impliqués dans ce mouvement.

carte de France de l'open data

Ces données ouvertes sont « une compilation de faits bruts, non interprétés et exploitables de manière automatique, » comme l’a expliqué Simon Chignard, autour d’un ouvrage sur le sujet. Toutes les données publiques ne sont donc pas « ouvertes », notamment en raison d’un cadre technique demandant la présentation sous forme de tableur (xls, csv…).

Qui réutilise les données et comment ?
L’intérêt de cette opération est de permettre la réutilisation de ces données. Elles peuvent être consultées directement par les citoyens (ex : CG 71) ou après un travail de représentation, dans un souci de transparence des politiques publics. Mais elles peuvent aussi permettre la création d’applications mobiles ou sur le net, voire une réutilisation spécialisée, donnant naissance à un écho-système économique.

Comment animer l'open data

En France, on totalise quelques 800 jeux de données, en dehors de celles de l’État. Mais le problème est bien souvent l’animation de l’Open data : comment trouver des réutilisateurs ? Le moyen le plus couramment utilisé est celui d’un concours d’applications, avec des dotations financières à la clé. Le public peut aussi donner ses idées d’application, comme pour Open app. Il faut surtout pouvoir transmettre cette culture de la donnée à des non-développeurs.

Traiter les données pour raconter une histoire
En cela, le datajournalisme peut-être une aide précieuse. C’était d’ailleurs le sujet d’un second atelier, animé par Jean Abbiacteci, data-journaliste, et Emmanuel Vandamme, directeur du pôle numérique de l’ESJ Lille. Comme son nom l’indique, cette discipline vise à traiter des données complexes pour les rendre simples, grâce à des outils de visualisation graphique.

carte dataviz de 1869

Pour cela, il faut d’abord trouver les données (plus facile avec l’open data), puis les « nettoyer » pour obtenir une mise en forme correcte dans un tableur. Il est ensuite possible d’interroger ces datas afin de faire ressortir des aspects intéressants (croisement de données), pour aboutir à une visualisation sous forme de graphique, camembert, carte, etc, tout en racontant une histoire !

Des outils en ligne pour traiter les données
Ce processus nécessite souvent la collaboration de plusieurs professions : développeurs, designers et journalistes. Ces derniers peuvent aussi effectuer seul cette tâche, avec l’aide d’outils comme Google fusion table ou Many eyes. Il existe cependant peu d’exemples de ce type en France, contrairement aux pays anglo-saxons, qui ont une plus forte culture du traitement des faits et donc de la donnée.

fécondité à travers le monde

Même s’il est difficile de mesurer actuellement l’intérêt du public par rapport au temps passé sur ces représentations, le data-journalisme reste un immense réservoir de sujets très intéressants d’après les intervenants de cet atelier. Les journalistes peuvent aussi s’appuyer sur les internautes pour des travaux de tri des infos (crowdsourcing), comme peut le faire le Guardian, à la pointe dans ce domaine.

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